Et si l’année de césure devenait une opportunité de se construire, plutôt qu’une parenthèse incertaine ? Longtemps marginale en France, la césure à l’étranger séduit aujourd’hui de plus en plus de jeunes entre 18 et 25 ans en quête de sens et d’orientation. Cours de langue, stages, engagements solidaires, jobs à l’international… Lorsqu’elle est bien accompagnée, cette parenthèse peut devenir une expérience formatrice qui aide les jeunes à se révéler à eux-mêmes, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Avec Realstep, l’année de césure sort des sentiers battus et se transforme en projet structuré à forte valeur ajoutée pour l’avenir. Nicolas Blanc, chef de projet chez Realstep, nous partage sa vision et son parcours, lui qui a lui-même fait l’expérience déterminante d’une césure à 30 ans.

Nicolas blanc, chef de projet chez Realstep
Quelle est la mission de Realstep ?
Nicolas Blanc : Realstep a vocation à démocratiser le geste solidaire à différentes étapes de la vie en permettant de vivre une expérience à l’international porteuse de sens.
Realstep est né de l’expérience Freepackers à laquelle nous ajoutons une dimension professionnalisante. Nous ne sommes pas une agence de voyage. On n’envoie pas une jeune fille de 16 ans n’importe où. Notre rôle est d’accompagner chaque projet, que ce soit un stage, une formation ou une année de césure, afin d’offrir une expérience optimale et adaptée à la personne et à ses objectifs, tout en garantissant un impact positif auprès des communautés locales.
Que proposez-vous dans le cadre d’une année de césure ?
Nicolas Blanc : L’année de césure Realstep regroupe divers types d’expériences : cours de langue, formations, stages rémunérés ou encore projets personnels autour de thématiques comme l’éducation, l’émancipation des femmes, la protection des animaux ou l’écologie.
Notre rôle est avant tout d’être à l’écoute des besoins et des objectifs de chacun pour structurer un projet à son image. Nous restons présents tout au long du parcours. Sur place, des référents locaux prennent le relais pour assurer un suivi de proximité en cas de besoin.
Quel est le profil de ceux que vous accompagnez dans le cadre d’une année de césure avec Realstep ?
Nicolas Blanc : Ce sont majoritairement des jeunes entre 18 et 25 ans. Parmi eux, beaucoup ne savent pas ce qu’ils veulent faire après le bac. Dans ce cas, une année de césure s’avère bien plus bénéfique et formatrice qu’une année d’études.
Nous avons également des jeunes qui n’ont pas le niveau d’anglais suffisant pour intégrer les grandes écoles qu’ils visent. Notre rôle est de leur permettre de partir dans les meilleures conditions avec l’objectif qu’ils rentrent avec un niveau d’anglais pertinent. Realstep s’attache à rendre accessible financièrement ce type d’expérience qui, ordinairement, coûte très cher.
Enfin, les profils incluent des personnes qui ont besoin de faire une pause, la plupart après la fin des études, avant de rentrer dans la vie active. Ils partent quelques mois ou une année pour souffler et découvrir le monde.
Pour un jeune en questionnement sur son orientation, partir à l’étranger, n’est-ce pas parfois une façon de fuir et de repousser la réflexion ?
Nicolas Blanc : Il faut en effet savoir pourquoi on part et quel sens on souhaite donner à cette année de césure, tant au niveau personnel et professionnel.
Chez Realstep, nous nous attachons à créer une année de césure sur mesure, à partir d’objectifs clairement définis. Il peut s’agir, par exemple, de booster un niveau de langue, de s’engager dans un projet de développement durable qui a du sens ou encore valider un diplôme. Ces objectifs contribuent à faire de cette parenthèse à l’international un atout sur le futur CV.
Pour rendre possible financièrement tous ces projets malgré leur coût, nous proposons également des jobs garantis dans plusieurs pays, tels que le Japon, l’Australie, le Canada ou encore en Irlande. Travailler sur place permet ainsi de financer son année de césure - notamment lorsqu’elle inclut un engagement non rémunéré de plusieurs mois dans une ONG -, d’améliorer ses compétences linguistiques et de démontrer sa capacité à travailler à l’international avec des personnes des quatre coins du monde.
Ces multiples expériences permettent de développer des compétences transversales essentielles telles que le dépassement de soi, l’adaptabilité, la flexibilité.
Enfin, l’expérience de nos participants à des projets de développement durable les aide souvent à clarifier, voire à confirmer leur choix d’orientation et de carrière dans des structures engagées.
Avez-vous un exemple de parcours d’année de césure personnalisé à nous partager ?
Nicolas Blanc : Nous avons le cas d'un étudiant lyonnais qui souhaitait intégrer l'EM Lyon avec un niveau d'anglais très faible. Nous avons structuré pour lui un projet d'un an incluant des cours de langue, quatre mois de travail en ferme avec logement, nourriture et rémunération, et une formation de moniteur de surf financée par ses économies qui a débouché sur un diplôme valable à l’international. Après un engagement solidaire au Sri Lanka dans un projet éducatif et sur la protection des tortues, il a postulé et a été accepté à l'EM Lyon.
Une césure dure-t-elle obligatoirement un an ?
Nicolas Blanc : Non, pas nécessairement. On n’a pas toujours un an devant soi. Une césure peut durer trois, six, neuf mois ou un an, en fonction du profil et du calendrier de chacun. Notre rôle est précisément de nous adapter à ces contraintes.
Concernant la préparation en amont, on peut structurer une césure entre 3 et 6 mois. Cette phase permet notamment d’autofinancer une partie du projet avant le départ. Il est recommandé de prévoir un budget initial d’environ 6 000€ pour le billet d’avion, le visa et l’assurance.
Justement, comment financer son année de césure à l’étranger ?
Nicolas Blanc : Le processus de financement fait partie intégrante du projet.
Selon moi, le financement idéal repose éventuellement sur une aide de départ des parents, complétée d’une levée de fonds auprès de la famille et des proches. Il est également pertinent de trouver un job avant de partir pour financer le budget initial.
Ensuite, l’idée est d’avoir un job garanti sur place pour autofinancer le reste du projet. Grâce à notre connaissance du terrain, nous proposons différents programmes et un accompagnement complet qui permet de faciliter les démarches. Par exemple, en travaillant 4 mois dans une ferme en Australie, on peut gagner entre 15 000 et 25 000 dollars australiens. J’accompagne aussi des jeunes afin qu’ils obtiennent un job garanti dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie au Canada.
L’idée est de partir suffisamment longtemps pour pouvoir autofinancer son projet. C’est, à mes yeux, la méthode la plus pertinente et la plus formatrice.
Quel est le message que vous voulez transmettre à tous ceux qui se posent la question d’une année de césure à l’étranger ?
Nicolas Blanc : Vivre une année de césure à l’international en y mettant du sens, c’est vivre une expérience qui va avoir un impact sur vous, sur votre vie, et sur la planète.
Mon rôle, aujourd’hui, c’est de faire grandir cette vision de l’année de césure avec du sens parce que c’est ce que j’ai vécu et ça a littéralement changé ma vie.
À 30 ans, j’ai moi-même fait une césure. Je suis parti 2 ans en sac à dos autour du monde. Le fait d’avoir voyagé, travaillé, de m’être engagé, d’avoir boosté mon niveau de langue… cette expérience a été fondatrice. Elle m’a ouvert les yeux sur le champ des possibles. Tout ce que j’ai entrepris et réalisé par la suite, c’est grâce à cette expérience-là.
Avant cela, j’étais sur une trajectoire classique : bon salaire, bon poste chez Levi’s, des responsabilités de manager puis de directeur. Un parcours linéaire, confortable, mais cette césure m’a montré que tout ne s’arrêtait pas là, qu’il y avait d’autres possibles.
C’est ce que je souhaite transmettre : donner le champ des possibles et montrer qu’on peut le faire à tout âge. On peut encore partir à 30 ans, se réinventer et réaliser des choses auxquelles on n’avait pas pensé.
Pour aller plus loin
- Découvrez Realstep et l'ensemble de ses parcours : www.real-step.com
- Découvrez notre Diagnostic de talents pour aider lycéens et étudiants à mieux se connaître pour mieux s'orienter
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